Catégorie : Ailleurs

  • Bonjour la Croatie

    Avec la même aveugle constance, l’Union européenne s’apprête à faire adhérer un nouvel Etat qui n’y est pas prêt. Ce sera la Croatie au 1er juillet prochain. Et suivront certainement plus tard la Serbie, la Macédoine et autre Kosovo, paralysant ainsi encore plus une organisation multilatérale étouffant sous sa bureaucratie et sa complexité.

  • Franche rigolade en Corée du Nord

    Kim Jong Un

    Le cinglé de Pyongyang continue à menacer la Corée du Sud et les Etats-Unis du feu nucléaire. Ce garçon d’une trentaine d’années a de qui tenir, ses père et grand-père ayant dirigé avant lui cette Corée stalinienne avec le même sens appuyé de gigantesque clownerie. On ne sait pas trop pourquoi Kim junior s’agite ainsi alors qu’il est bien installé aux commandes de son pays, sans menace réelle de son pouvoir ? La vraie question est de savoir s’il est capable de balancer la bombe qui aurait sans doute comme conséquence immédiate la destruction (nucléaire ou classique) de son pays par l’Occident.

  • La bourse ou la raison

    Avez-vous remarqué l’incident de la semaine dernière sur le marché boursier de Wall Street ? Il est passé assez inaperçu mais s’avère révélateur des errements libéralo-démagogues dans lesquels nous sombrons avec joie et aveuglement. Un hacker-polisson s’est introduit sur le compte Tweeter de l’agence Associated Press et a diffusé un faux message Tweet annonçant deux explosions à la Maison Blanche qui avaient blessé le président des Etats-Unis.

    Aussitôt diffusé, panique à Wall Street, en moins de deux minutes tout le monde se met à vendre des titres et l’indice Dow Jones perd 145 points, soit près de 1% de baisse et des milliards de valeur boursière qui s’envolent en fumée. Bien sûr ces 145 points ont été rattrapés avant la fin de la séance mais il a suffi de moins de deux minutes et d’un faux Tweet pour plonger dans le chaos.

    Les traders-fraudeurs et leurs robots-hystériques n’ont bien entendu pas pris le temps de réfléchir, ils ne sont pas payés pour ça, mais ils ont déclenchés des rafales de vente dans un mouvement pavlovien, moutonnier et incohérent ; ce fut à qui fourguera le plus vite le plus gros volume d’actions. On ne sait pas trop d’ailleurs qui des traders-fraudeurs ou des robots-hystériques a tiré en premier. Il n’est pas évident qu’un robot-hystérique sache lire les messages Tweet, ou en tout cas les interpréter pour en déduire le sens des transactions, achat ou vente, à lancer. Ce qui est sûr c’est qu’ils ont agi de façon aussi stupide les uns que les autres, ce qui n’est pas une surprise fondamentale. Vérifier et analyser les informations n’est pas du ressort de ces individus ni de ces machines.

    Au concours du plus crétin et inepte, on se demande qui gagnerait entre robots-hystériques et traders-fraudeurs ! Mais le plus terrifiant dans ces affaires est de voir le gigantesque pouvoir de nuisance laissé dans les mains de gamins surpayés ou de machines mal réglées.

    Cerise sur le gâteau, ce seraient des hackers syriens pro-Assad qui auraient commis de ce faux Tweet, histoire de montrer à leurs ennemis américains qu’il n’y a pas que les B52 comme force de dissuasion, mais que la bêtise des marchés financiers peut également générer de la destruction massive…

  • La faillite de Chypre

    On en sait un plus sur les négociations menées avec les autorités chypriotes pour le sauvetage du secteur financier en faillite de cette ile. Ce serait les dirigeants chypriotes eux-mêmes qui auraient proposé dans un premier temps de taxer tous les dépôts bancaires pour cofinancer la restructuration, afin d’éviter de trop prélever sur les gros dépôts si l’on avait limité la taxe à ceux-ci.

    Les dirigeants européens auraient tenté de d’infléchir leurs partenaires chypriotes pour qu’ils acceptent de ne taxer que les gros déposants, avec le résultat négatif que l’on sait. S’en est suivi le rejet du plan par le peuple et le parlement de Chypre, le refus de la Russie d’aider l’ile et… l’adoption d’une nouvelle mouture du plan prévoyant 10 milliards de prêts européens et du FMI, complétés par quelques milliards rapportés par la taxation des dépôts… de plus de 100 000 euros. Une banque sera liquidée et l’autre restructurée, retour au point de départ donc.

    Une nouvelle fois le contribuable européen va donc payer pour les excès commis par des financiers incompétents. Une nouvelle fois l’Europe va devoir payer, politiquement et financièrement, pour sa faiblesse qui lui a fait accepter en son sein des Etats qui ne pouvaient pas se plier à ses règles et qui ont utilisé son cadre pour y prospérer de façon incompatible avec l’esprit du Traité de Rome. Le développement de l’économie chypriote ces dernières années a eu la nature de profits fictifs. En droit des sociétés, la distribution de profits fictifs conduit le chef d’entreprise en cour d’assises. En droit européen la règle est, hélas, différente.

  • Les forbans de la finance à l’œuvre

    Record chez les forbans de la finance : le fonds spéculatif américain SAC Capital a accepté de payer une amende de 616 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites pour des délits d’initiés sur les résultats de tests sur des médicaments contre la maladie d’Alzheimer. Son grand patron Steve Cohen n’est pas à l’abri de poursuites à titre personnel.

    La banque JP Morgan a perdu plus de 6 milliards de dollars l’an passé suite aux folies d’un trader-fraudeur. Son grand patron Jamie Dimon, a été auditionné 5 heures durant avec son top-management par le Sénat américain qui terminait ainsi une enquête de 9 mois sur cette fraude gigantesque. Le top-management dans un grand élan de courage a confirmé qu’il ne savait rien et avait été trompé par ses employés indélicats : « Ma vision de l’entreprise a été compromise par mes subordonnées » a affirmé l’une des dirigeantes. Les sénateurs américains semblent plutôt croire à une complicité générale du management qui aurait été parfaitement informé des risques pris par ses traders-fraudeurs, mais ces gens sont malins et savent se protéger. Ils arrivent bien entendu à se mettre à l’abri de poursuites judiciaires mais le plus étonnant est que dans la majorité des cas ils arrivent aussi à conserver leurs postes. Le pédégé de cette banque présente une perte de trading de 6 milliards de dollars (SIX MILLIARDS DE DOLLARS, ce n’est pas une paille) à ses actionnaires, qui relève au mieux de son incompétence au pire de sa complicité, il ne propose pas sa démission et ses actionnaires le laissent au pouvoir. En réalité, malgré cette perte, la banque a fait de confortables bénéfices et a servi du coup d’aussi confortables dividendes aux actionnaires qui manifestent leur reconnaissance du ventre.

    Le FBI est train de diligenter une enquête sur cette affaire JP Morgan. Légitimement les Etats s’inquiètent de constater qu’en 2012, quatre années après la crise de 2008 qui continue de ravager les économies occidentales sur-financiarisées, de telles fraudes soient encore possible, générant leurs cortèges de risques systémiques, c’est-à-dire mettant en jeu la sécurité même des Etats.

  • Le sauvetage des banques chypriotes

    Les chypriotes contestent la taxe sur leurs dépôts bancaires, et les russes qui seraient les plus gros déposants dans la lessiveuse chypriote crient aux mesures « soviétiques » prises par le plan de sauvetage européen.

    Le parlement chypriote ayant refusé de voter le plan, les banques sont restées fermées pour éviter la panique bancaire et il va falloir trouver une autre solution pour financer le sauvetage à 15 milliards dont 10 sont prévus sous forme de prêts du contribuable européen et multilatéral (FMI). Les 5 milliards manquant vont probablement être prélevés sous forme d’impôt sur le contribuable chypriote.

    La psychologie populaire en matière bancaire a sans doute été sous-estimée dans cette affaire. Le déposant refuse tout net qu’on lui prélève une partie de ses dépôts mais il est indifférent lorsque l’inflation ou les dévaluations (avant l’euro) lui consomment gentiment son épargne, ou lorsque l’Etat lui augmente ses impôts. Bref, il faut sauver le citoyen déposant même au prix du sacrifice du citoyen contribuable.

    L’Europe qui ne sait pas dire « non » a laissé entrer Chypre (i) dans l’Union européenne et (ii) dans la zone euro. Ce furent deux erreurs, surtout que durant de longues années la position européenne avait été de poser comme préalable avant toute adhésion la résolution du conflit entre Chypre et la Turquie. Las, les dirigeants communautaires qui ne savent pas dire « non » ont finalement laissé entrer dans l’Union une ile à moitié occupée (ou libérée selon les avis) par l’armée turque tout en menant parallèlement des négociations d’adhésions avec… la Turquie. On a abouti à une espèce de maelstrom kafkaïen comme seule l’Europe sait en créer.

    Il n’en fallait pas plus pour que des flibustiers de la finance transforment le secteur bancaire local en lessiveuse monétaire, surdéveloppée et servant des intérêts sans rapport avec les conditions de marché, tout ceci bien à l’abri de la sécurité apportée par l’euro. La faillite de ces banques était inévitable.

  • Emotion en Suisse

    Par référendum la population suisse s’est prononcée contre les « rémunérations abusives » parfois servis à leurs patrons par les entreprises. Au même moment, le pédégé du groupe pharmaceutique helvétique Novartis, âgé de 59 ans, s’apprêtait à quitter son groupe avec un « parachute doré » de 60 millions d’euros après avoir perçu une rémunération cumulée sur 15 ans estimée entre 200 et 400 millions d’euros. Devant la levée de boucliers, dans un grand mouvement de modestie, le pédégé en question a renoncé à ses 60 millions et annoncé qu’il partait s’exiler aux Etats-Unis.

    Des sommes aussi astronomiques pour un salarié (certes pédégé, mais juste salarié, ce n’est pas lui qui a créé l’entreprise avec ses propres sous) ont tellement scandalisé les citoyens suisses qu’elles ont probablement fait pencher la balance du référendum très largement en faveur des anti-rémunérations abusives et autres parachutes dorés dans cette Confédération Helvétique qui n’est pourtant pas un repère de bolchéviques… ou comment Novartis joue contre son camp et ses idées par manque de décence. 

  • Chypre est en faillite

    Membre de l’Union européenne dont les banques sont plus réputées pour le blanchiment d’argent sale que pour le financement de l’économie réelle, Chypre fait la manche. Dans les mesures diverses et variée imposées pour redresser ce pays-confetti l’une d’elle est novatrice et mal vécue : les dépôts bancaires vont être taxés à 6,75% jusqu’à 100 000 euros, 9,9% au-delà, en échange les déposants taxés recevront des titres de banques auxquelles ils ont prêté leurs sous. Ce n’est pas idiot comme mesure. Jusqu’ici on avait fait payer les contribuables, les prêteurs institutionnels public et privés à qui on a tordu le bras sur leurs créances grecques, mais jamais encore les clients des banques. La mesure est sans doute bien adaptée au cas de Chypre. Elle devrait rapporter 5 milliards d’euros et financer ainsi un tiers du plan de sauvetage financier de l’ile-nation, le reste sera pris en charge par les institutions multilatérales comme d’habitude, c’est-à-dire indirectement par les contribuables européens en majeure partie.

  • Un nouveau pape

    Fumée blanche

    La Vatican change de taulier, un argentin remplace un allemand. Le nouveau a plutôt une bonne tête : bon vivant, un peu replet, des lunettes rondes, calvitie et 76 ans. Il a la tête d’un garçon qui va faire le job pour lequel il est payé, il parle déjà des pauvres et la nécessaire simplicité qu’il veut insuffler dans la gestion du Vatican. Il va vendre de l’espoir surnaturel à des citoyens du monde qui ont abandonné leurs espoirs matériels.

    La presse française qui adore les évènements mondains sur lesquels on peut gloser sans fin pour ne rien dire, déploie des trésors d’ingéniosité pour occuper les plateaux. Et de démonter chaque détail insignifiant de cette nomination : « il a choisi son pseudo de pape : François, c’est exceptionnel », oui, et alors, ça change quoi par rapport à Benoît ou Paul ? « Il est argentin, c’est une véritable surprise complètement inattendue » ah, bon, cela fait juste plusieurs décennies que l’on annonce pour probable un pape originaire d’un autre continent que l’Europe. « C’est la première fois qu’un pape est jésuite, c’est historique », très bien, c’est quoi un jésuite par rapport à un non-jésuite ? C’est comme un courant du PS ou c’est autre chose ? Jésuite ou pas, il croit en la vie éternelle et en l’immaculée conception, non ? Et il va diffuser le message de la bible. Etc., etc.

    Bon, maintenant François, au boulot, ne t’inquiète pas des rumeurs médiatiques et des intrigues de palais, prend ta mitre et ta crosse et en route pour le prêchi-prêcha dans le vaste monde. Au passage si tu peux essayer d’intervenir pour calmer le jeu au Proche-Orient, ce serait bienvenu, car nos frères juifs et musulmans n’arrêtent pas de se casser la gueule entre eux pour une vague histoire d’esplanade et de ville sainte. S’il me souvient bien le petit Jésus est de là-bas aussi, tu as donc peut-être encore un peu de légitimité à dire ton mot sur ce conflit de famille ? Ce serait bien si les choses se calmaient un peu dans cette région qui met le monde à feu et à sang.

  • Le bambin coréen s’énerve…

    La Corée du Nord et son leader éclairé Kim Jong-un, jamais loin d’un bon mot, menace la Corée du Sud et les Etats-Unis « d’une frappe nucléaire préventive » après le vote par le conseil de sécurité de nouvelles sanctions à l’encontre de ce beau pays. Le charmant bambin Kim Jong-un se révèle largement à la hauteur de son père et grand-père.

  • Extraits du discours du Président des Etats-Unis sur l’état de l’Union

    LA MAISON-BLANCHE
    Bureau du secrétaire de presse
    Le 12 février 2013

    Discours du président Barack Obama sur l’état de l’Union
    Capitole des États-Unis
    Washington, DC

    Extraits

    Monsieur le président de la Chambre, Monsieur le vice-président, membres du Congrès, mes compatriotes américains :

    Il y a cinquante-et-un ans, John F. Kennedy a déclaré à cette Chambre que « la Constitution fait de nous non pas des rivaux pour le pouvoir, mais des partenaires pour le progrès … C’est ma tâche à moi », a-t-il dit, « de donner un rapport sur l’état ​​de l’Union – l’améliorer, c’est la tâche de nous tous ».

    Ce soir, grâce au courage et à la détermination du peuple américain, il y a beaucoup de progrès à signaler. …

    * * * *

    Après en avoir parlé pendant des années, nous sommes enfin prêts à contrôler notre propre avenir énergétique. … Et au cours des quatre dernières années, nos émissions de dangereuse pollution carbonée qui menace notre planète ont en fait baissé.

    Mais pour le bien de nos enfants et de notre avenir, nous devons en faire davantage pour lutter contre le changement climatique. Maintenant, il est vrai qu’aucun événement à lui tout seul ne constitue une tendance. Mais le fait est que les 12 années les plus chaudes jamais enregistrées ont toutes eu lieu dans les 15 dernières années. Les vagues de chaleur, les sécheresses, les incendies de forêt, les inondations – sont toutes désormais plus fréquentes et plus intenses. Nous pouvons choisir de croire que la tempête Sandy et la sécheresse la plus grave depuis des décennies, et les pires incendies de forêt que certains États ont jamais connus étaient tout simplement une coïncidence bizarre. Ou alors nous pouvons choisir de croire au jugement accablant de la science – et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

    Maintenant, la bonne nouvelle c’est que nous pouvons réaliser des progrès significatifs sur cette question tout en favorisant une forte croissance économique. J’exhorte le Congrès à se réunir pour poursuivre une solution bipartite et à base de marché pour le changement climatique, comme celle sur laquelle John McCain et Joe Lieberman ont travaillé ensemble il y a quelques années. Mais si le Congrès n’agit pas rapidement pour protéger les générations futures, je le ferai moi. Je donnerai des instructions à mon Cabinet pour proposer des mesures exécutives que nous pouvons prendre, maintenant et à l’avenir, pour réduire la pollution, préparer nos communautés pour les conséquences du changement climatique, et accélérer la transition vers des sources d’énergie durables.

    * * * *

    Notre économie est plus forte quand nous exploitons les talents et l’ingéniosité des immigrés pleins d’efforts et d’espoir. Et en ce moment, les dirigeants des milieux des affaires, du travail, de l’application de la loi, et des communautés religieuses, conviennent tous que le temps est venu d’adopter une réforme globale de l’immigration. Il est maintenant temps de le faire.

    Une véritable réforme signifie une sécurité frontalière forte, et nous pouvons nous baser sur les progrès que mon Administration a déjà faits – mettant en place davantage de personnel à la frontière sud qu’à aucun autre moment de notre histoire, et réduisant les passages clandestins à leurs niveaux les plus bas depuis 40 ans.

    Une véritable réforme implique l’établissement d’une voie responsable à la citoyenneté méritée – une voie qui consiste à réussir une vérification des antécédents, à payer des impôts et une pénalité significative, à apprendre l’anglais, et à passer à l’arrière de la queue derrière les gens qui essaient de venir ici légalement.

    Et une véritable réforme signifie réparer le système d’immigration légale pour réduire les délais d’attente, et attirer les entrepreneurs et ingénieurs hautement qualifiés qui aideront à créer des emplois et à faire croître notre économie.

    En d’autres termes, nous savons ce que nous avons à faire. Et en ce moment même, des groupes bipartites dans les deux Chambres travaillent avec diligence pour élaborer un projet de loi, et je salue leurs efforts. Donc, nous allons y parvenir. Envoyez-moi un projet de loi de réforme globale de l’immigration dans les prochains mois, et je le signerai tout de suite et l’Amérique se portera d’autant mieux. Faisons-le. Faisons-le.

    * * * *

    Ce soir, nous sommes unis pour saluer les troupes et les civils qui se sacrifient chaque jour pour nous protéger. Grâce à eux, nous pouvons dire avec confiance que les États-Unis vont accomplir leur mission en Afghanistan, et atteindre notre objectif de battre le noyau d’Al-Qaïda. Déjà, nous avons rapatrié 33.000 de nos braves soldats hommes et femmes. Ce printemps, nos forces feront la transition vers un rôle de soutien, tandis que les forces de sécurité afghanes prendront la direction. Ce soir, je peux annoncer que l’année prochaine, 34.000 autres troupes américaines rentreront de l’Afghanistan. Cette réduction va se poursuivre. Et d’ici la fin de l’année prochaine, notre guerre en Afghanistan sera terminée.

    Au-delà de 2014, l’engagement des États-Unis envers un Afghanistan unifié et souverain persistera, mais la nature de notre engagement va changer. Nous négocions un accord avec le gouvernement afghan qui se concentre sur deux missions : la formation et l’équipement des forces afghanes afin que le pays ne sombre pas à nouveau dans le chaos, et des efforts de lutte contre le terrorisme qui nous permettent de poursuivre ce qu’il reste d’Al-Qaïda et leurs affiliés.

    Aujourd’hui, l’organisation qui nous a attaqués le 11 septembre est l’ombre de ce qu’elle était. Il est vrai que de différents affiliés d’Al-Qaïda et groupes extrémistes ont émergé – depuis la péninsule arabique jusqu’à l’Afrique. La menace que ces groupes présentent est en train d’évoluer. Mais pour répondre à cette menace, nous n’avons pas besoin d’envoyer des dizaines de milliers de nos fils et filles à l’étranger, ou d’occuper d’autres pays. À la place, nous devrons aider les pays comme le Yémen, la Libye, la Somalie à assurer leur propre sécurité, et aider les alliés qui luttent contre les terroristes, tel que nous l’avons fait au Mali. Et, le cas échéant, par le biais d’une gamme de capacités, nous allons continuer à prendre des mesures directes contre les terroristes qui présentent la plus grande menace pour les Américains.

    https://iipdigital.usembassy.gov/st/french/texttrans/2013/02/20130213142504.html#ixzz2KrZRXXlB

  • Corruption à tous les étages de l’ONU

    Rappelons que le procès ouvert la semaine dernière contre Charles Pasqua et quelques hauts fonctionnaires de la République, dont l’ancien représentant français aux Nations-Unies, est l’histoire des quotas pétroliers que délivrait Saddam Hussein dans les années 1995/96 à des lobbys pro-Irak afin qu’ils œuvrent pour atténuer les sanctions prises contre l’Irak suite à son invasion du Koweit et de la guerre qui en a suivi. Il se trouve que d’anciens ministres et haut-fonctionnaires français (entre autres) auraient touché ces quotas, qu’ils ont revendus pour en encaisser le produit dans leurs cassettes personnelles. Il faut quand même le faire : entre deux guerres d’Irak, accepter des dessous de table en pétrole délivrés par l’un des pires dictateurs de la planète dont le pays est sous embargo quasi-total de la communauté internationale. Eh bien des fonctionnaires français l’auraient fait, comme la justice devrait le confirmer.

  • Benoît 16 soupapes cale

    Le pape Benoît 16 soupapes démissionne. C’est une mesure de bon sens pour un homme de son âge. Les journaux télévisés remplacent leurs logos « Guerre au Mali » par « Démission du Pape » et glosent à l’infini sur la couleur de peau du successeur possible ou de savoir si cette décision est moderne ou humble !

    Il était pas mal finalement ce Pape, un peu vieux mais plutôt bien. On ne parlait pas trop de lui, en tout cas bien moins que son prédécesseur. Il restait à sa place, priait, théologisait et prêchait les dogmes de l’Eglise catholique, bref, il faisait le boulot pour lequel il était payé. On peut aimer ou pas ces dogmes, mais ils sont ce qu’ils sont, si cela ne plaît pas il suffit de changer de crémerie, il y a tout ce qu’il faut en magasin : les protestants, les orthodoxes, les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les laïques, les laïcards, les agnostiques, les athées, les communistes, bref ce n’est pas le choix qui manque.

    Et puis ce pape Benoist 16 soupapes a quand même reçu en 2007 Sarkozy président de la République française, accompagné de… Jean-MarieBigard, humoriste graveleux.  Rappelons également que pendant l’entretien avec le Pape, Sarko envoyait des SMS. Rien que pour cet exploit qu’il a subi sans broncher, Benoist mérite la vie éternelle.

    En attendant Benoist 16 soupapes va prendre une retraite bien méritée. Il sera remplacé par un autre qui sera sûrement aussi compétent pour le job, personne n’est irremplaçable, ni lui ni nous.

    • Effet sur le redressement productif : 0
    • Effet sur les taux de change : 0
    • Effet sur les ventes de journaux satiriques dumercredi : maximum
  • Religion, politique, terrorisme, le Mali à la dérive !

    Les barbus sortent de leurs planques : un kamikaze se fait exploser à Gao samedi, un commando attaque le centre-ville ce dimanche, et pendant ce temps l’armée malienne continue à se déchirer à Bamako et à régler ses comptes entre bérets verts et bérets rouges.

    On ne sait pas bien si les barbus kamikazes sont des AQMI algériens recyclés au Sahel, des Touaregs-maliens-ex-mercenaires-de-Kadhafi affiliés aux barbus AQMI, des Touaregs-indépendantistes en lutte contre le pouvoir noir de Bamako et prêts à trahir les Touaregs-maliens-ex-mercenaires-de-Kadhafi pour s’allier aux français et négocier un bout d’indépendance avec Bamako, voire même des Al Quaïda infiltrés de pays arabes… Comme les bérets rouges et verts de l’armée malienne sont en train de régler leurs comptes dans la capitale entre frères et à coups de fusil, ils n’ont pas bien le temps de s’occuper de ce problème.

    Bon, la situation est compliquée, après-tout et contrairement aux affirmations lénifiantes du gouvernement français sur les « terroristes criminels » la France est en plein milieu d’une bonne petite guerre civile, teintée d’extrémisme religieux, dont il va maintenant falloir se dépêtrer avec le moins de dégâts possible.

    Et n’oublions pas que Ben Laden a dit un jour à la face de l’Occident tant haï par les siens : « nous aimons la mort autant que vous aimez la vie ». On n’est pas sorti de l’auberge malienne.

  • RBS : la banque libérale nationalisée par le contribuable brittanique

    Nouvel épisode de la manipulation à grande échelle des taux d’intérêt sur les marchés financiers par les traders-fraudeurs : la banque Royal Bank of Scotland (RBS) accepte de régler une pénalité d’environ 600 millions d’USD aux autorités britanniques et américaines pour avoir des années durant faussé et manipulé le taux d’intérêt de référence LIBOR. La banque informe par ailleurs de la démission de son directeur de quelque-chose ! C’est bien le moins… Compte tenu des circonstances on se serait plutôt attendu à un licenciement sec de tout l’état-major avec plainte au pénal et embastillement immédiat à la Tour de Londres.

    RBS s’est rendue célèbre durant la crise financière de 2008 pour son risque de complète faillite qui poussa le gouvernement britannique à la nationaliser à quasiment 100% pour éviter son effondrement. Le contribuable a donc financé les errements du management de cet établissement : rachat hors de prix de la banque ABN Amro début 2008, pertes de trading colossales, expansion démesurée et incontrôlée, pertes gigantesques sur les valeurs dites subprime (crédit immobilier fait à des emprunteurs non solvables), rémunérations exorbitantes d’employés jouant au casino avec l’argent des déposants, utilisation massive de paradis fiscaux pour compte propre et pour des clients, on en passe et des meilleures !

    Cerise sur le gâteau, son pédégé Fred Goodwin (il s’appelle bien Goodwin, ça ne s’invente pas) a finalement accepté de démissionner en 2009 avec toute une série d’avantages en espèces sonnantes et trébuchantes, retraite chapeau et autres gâteries comme les banques savent en mijoter pour leurs dirigeants incompétents. Devant la levée de bouclier constatée au Royaume-Uni en 2009 face aux avantages acquis à ce banquier failli, le garçon a accepté de réduire ses exigences.

    La transaction acceptée par RBS en 2013 montre que non seulement cette banque était mal gérée, que ses cadres percevaient des rémunérations sans rapport avec leurs mérites et résultats, que le contribuable britannique a dû casser sa tirelire pour lui sauver la mise, mais qu’en plus de tous ces errements, la banque fraudait massivement en manipulant les taux d’intérêt. N’en jetez plus !

    Le plus insupportable dans ces affaires bancaires (RBS est loin d’être seule dans le marigot des tripatouillages financiers) pour le citoyen lambda c’est finalement l’absence de sanction. Certes, la City a licencié une partie de ses effectifs de traders-fraudeurs, mais pas beaucoup plus que le secteur de la sidérurgie en Europe du Nord.

    La puissance des secteurs financiers face aux Etats est sans limite. Il a quand même fallu voir le Royaume britannique, la Mecque du libéralisme financier, accepter de nationaliser ses banques ! Pire, alors que le capitalisme en partie originaire de la perfide Albion nous ressasse depuis des décennies que le libéralisme c’est la responsabilité : on voit à Londres les fat-cats continuent globalement à ronronner tranquillement, malgré leurs échecs, gorgés d’avantages financiers immérités. Eh oui, même un gouvernement britannique conservateur (qui est en train de se préparer à proposer à ses citoyens de statuer sur leur départ de l’Union européenne) n’arrive pas trop à changer les choses… Espérons au moins qu’il arrivera à revendre cette banque félonne sur les marchés, pour qu’au moins le contribuable soit remboursé.

  • Les touaregs à tous les râteliers

    Les Touaregs-ex-mercenaires-de-Kadhafi, de nationalité malienne, en rébellion contre le pouvoir noir de Bamako depuis des décennies, qui se sont alliés avec des barbus de rencontre pour réclamer l’indépendance de leur désert au nord du Mali, une partie de ces ex-mercenaires donc, retourne sa veste et propose maintenant de s’allier aux forces françaises pour lutter contre les barbus, en attendant leur indépendance ?

    Des règlements de comptes sont déjà en œuvre dans le pays entre Touaregs et populations noires, dont certaines sont installées au nord du Mali depuis des siècles (les Sonraïs [ou Songhais] par exemple). Les hommes politiques français qui cherchent à développer un discours lisse pour Madame Michu afin de justifier la guerre ne parlent que de « terroristes » passant sous le tapis toutes les complexités de cette région, la presse se consacre à Florence Cassez et n’a pas le temps de s’informer sur le Mali. Un bon moyen d’y comprendre quelque chose est la lecture du rapport de la cour pénale internationale (CPI) sur le Mali signé en janvier 2013.

  • Elections en Israël

    Ah, la droite conservatrice israélienne finalement n’emporte qu’une mince majorité aux élections législatives, obligeant les extrémistes à composer avec des centristes. Serait-ce une lueur d’espoir pour un peu moins de colonisation des territoires occupés, un peu plus de dialogue entre israéliens et palestiniens et, à terme, une ambiance plus apaisée dans ce Proche-Orient à feu et à sang ? C’est hélas peu probable et cette région sauvage va sans doute encore continuer à perturber durablement le reste de la planète.

  • Chewing-gum présidentiel

    Obama mâchonne un chewing-gum durant la parade organisée à Washington après la cérémonie de son serment sur la bible de Lincoln. Pour une fois, le garçon manque un peu d’élégance.

  • L’armée algérienne et la presse française

    Les forces algériennes ont réduits les barbus preneurs d’otages dans le complexe gazier saharien. Il y a quelques dizaines de morts, otages et agresseurs. Ce fut violent et sanglant. Cela ne réussit pas à tous les coups. La France serait mal placée pour se plaindre après l’essai avorté de libération d’un otage en Somalie au début du mois, ou la mort des deux gamins au Niger il y a quelques mois, tués lors d’une autre tentative de libération.

    Les journalistes se plaignent du manque d’information dont ils bénéficient de la part des autorités algériennes. Mais comment ! N’est-il pas incroyable que le ministre de la défense d’Alger n’ait pas une ligne directe avec BFM et Itélé ?

  • Attaque islamiste en Algérie

    L’armée algérienne a pris d’assaut la base occupée par des barbus, il y a des morts. Bon, ils n’ont pas l’habitude de faire dans la dentelle. L’Algérie donne assez peu d’informations sur l’opération, n’en a d’ailleurs pas beaucoup de disponibles, alors les journalistes se citent les uns les autres pour occuper l’espace médiatique. France 2 cite « selon ABC News… » qui cite « selon Reuters… » qui cite « selon un correspondant local… » Les autorités algériennes ne communiquent pas tant que les affaires ne sont pas terminées et il n’est pas sûr qu’elles le fassent après. Les journalistes brodent car il ne serait pas concevable qu’ils n’aient pas un avis ou une exclusivité sur ce sujet. On n’est jamais si bien servi que par soi-même pour créer du buzz et puis s’il y a une chose que n’aime pas un plumitif c’est de dire « je ne sais pas. »